Action Nationale de Formation - Construction et animation d'une communauté autour du développement d'un logiciel libre>

Retours d'expérience

Plusieurs logiciels et projets feront l'objet des retours d'expérience, et les participant.es seront aussi invité.es à partager leurs pratiques et leur vécu.

WRF-Chem-Polar

Lucas Bastien (IGE, CNRS)

WRF-Chem-Polar est un modèle régional de chimie atmosphérique basé sur WRF-Chem, contenant des développements spécifiques pour les régions polaires. Il a évolué l'année dernière d'un effort principalement individuel à un projet entièrement ouvert sur lequel travaille une petite communauté de chercheur.euses et d'ingénieur.es. L'engagement des personnes impliquées a permis, en cet espace de temps, de mettre en place des outils et des pratiques propices au développement en équipe: workflow git, issue tracking, revues systématiques des contributions, réunions hebdomadaires, hackathons deux fois par an, un système naissant de tests automatisés des nouveaux développements, etc. Tout n'est néanmoins pas parfait. Certaines vieilles habitudes persistent et les contraintes de temps ainsi que les appétences techniques diverses imposent certaines limites, que nous apprenons au fil du temps à prendre en compte et à respecter.

NumaHop

Pauline Rivière (chef de projet numérisation, bibliothèque numérique, Bibliothèque Sainte-Geneviève, Paris), François Gandolfi (chargé des systèmes d'informations documentaires, Humathèque, Aubervilliers)

NumaHOP est une plateforme mutualisée pour la gestion des chaînes de numérisation, depuis la constitution de lots de documents jusqu’à leur publication dans une bibliothèque numérique ou leur dépôt en archivage pérenne. Ce logiciel libre permet d’accélérer, de simplifier les projets de numérisation, grâce à un interfaçage largement automatisé entre les différentes étapes de la numérisation et les acteurs concernés (prestataires de numérisation, bibliothèques, diffuseurs, CINES). NumaHOP a été financé par le Département de Paris et la Comue Sorbonne Paris Cité. Il a été développé sous la direction de trois établissements pilotes : la Bibliothèque de Sciences Po, la BULAC et la Bibliothèque Sainte-Geneviève.

Aspects juridiques
Le projet NumaHOP s’inscrit dès son origine dans une logique d’ouverture et de mutualisation au service des bibliothèques et institutions patrimoniales. Né dans un contexte collaboratif, NumaHOP a connu une période critique lorsque la gestion de son code a été accaparée par une société de service qui a fermé l’accès au code source en refusant de documenter l’application pour en permettre l’installation et l’usage par un tiers, rompant ainsi avec les principes fondateurs de NumaHOP.

La communauté, soutenue par CollEx-Persée, s’est alors mobilisée pour reprendre la maîtrise du logiciel, autour du projet d’Ouvroir NumaHOP qui visait notamment à documenter, dockeriser et traduire l'application NumaHOP pour répondre aux demandes d’institutions patrimoniales étrangères.

Aspects de gouvernance

Un des piliers de la structuration de la communauté NumaHOP réside aujourd'hui dans la mise en place d’une documentation commune et ouverte, pensée comme un véritable espace de transmission et de montée en compétence.  La documentation technique et fonctionnelle est en cours de reconstruction sur un dépôt organisé de manière transparente, facilitant ainsi la contribution de chacun.

Deux journées  “feuilles de route” et deux releases annuelles rythment la vie du logiciel, accompagnant par exemple les évolutions d’outils libres interfacées à NumaHOP comme VITAM (pour l'archivage pérenne au CINES) ou Omeka S utilisés par les institutions patrimoniales.

Animation et vie de la communauté

Dès ses débuts, le projet NumaHOP a cherché à fédérer une communauté professionnelle autour de son logiciel en multipliant les journées d’étude et de présentation pour faire connaître son approche nouvelle pour la numérisation patrimoniale. Ces rencontres ont permis de créer un premier réseau d’utilisateurs (archives, musées, bibliothèques, laboratoires de recherches) et de partenaires intéressés par le logiciel.

Rapidement, des institutions patrimoniales ont adopté le logiciel pour leur projets de numérisation, des réunions de mises à niveau de ces usagers ont ensuite eu lieu afin de structurer la participation et renforcer le lien entre les établissements impliqués. Face à la croissance du projet et à la nécessité de disposer d’un cadre institutionnel pour répondre à des appels à projets nationaux notamment, la communauté s’est constituée en association pour garantir une gouvernance transparente et communautaire du logiciel.

Aujourd’hui, le logiciel a cherché à gagner en lisibilité, par le travail de l’association en l’inscrivant sur le Socle interministériel des logiciels libres (SILL) ou le Comptoir du libre, ce qui lui permet aujourd’hui de recevoir des financements pour s’adapter aux évolutions techniques des bibliothèques numériques comme la protocole d'échange IIIF.

Guix

Ludovic Courtès (INRIA)

Ludovic est fondateur et contributeur régulier à Guix, un ensemble d’outils et une distribution Linux permettant de déployer des logiciels de manière reproductible. Guix est un logiciel libre créé en 2012 d’abord construit par des bénévoles mais qui a rapidement créé des ponts avec le milieu de la recherche. Plus d’une centaine de personnes contribuent au code chaque mois et des dizaines d’autres contribuent d’une autre manière : communication, administration système, documentation, traduction, etc. Il existe un fossé entre publier du code et « créer une communauté ». Ce retour d’expérience portera sur l’accueil des contributions, la création d’un espace sûr et respectueux de chaque personne, et sur la prise de décision collective - la « gouvernance sans gouvernants ». Nous pourrons parlers des écueils - du « syndrome du fondateur » à la « tyrannie de l’absence de structure » -, des moyens d’y remédier, et des processus de décision mis en place dans Guix, de leurs forces et de leurs limites.

Swashes

Carine Lucas (Institut Denis Poisson, Université d'Orléans)

SWASHES est un logiciel de solutions analytiques pour l’hydraulique et les études environnementales, disponible depuis 2011 sur le site sourcesup sous licence CeCILL-v2. Nous avons créé ce logiciel sous la forme d’un catalogue de solutions, indépendantes les unes des autres, pour favoriser les contributions externes. Plusieurs stagiaires ont ainsi contribué au code, et nous verrons que cela a eu des conséquences lorsque nous avons souhaité réaliser un dépôt à l’APP quelques années plus tard ! Nous discuterons également des choix qui ont été faits lors de l’ouverture du code, en particulier les outils utilisés pour sa diffusion et leur pérennité.

OpenRefine, Mergiraf, Debian

Antonin Delpeuch (Telecom Paris)

Antonin a travaillé sur divers logiciels libres tels qu'OpenRefine, un logiciel de nettoyage de données utilisé entre autres dans les humanités numériques et les bibliothèques, Mergiraf, un outil de résolution de conflits pour Git et plus récemment Debian, une distribution Linux.

Sa recherche porte sur la gouvernance dans les projets de logiciels libre. Il s'intéresse aux communautés qui documentent leur propre structure sociale, pour identifier les mécanismes de gouvernance qui fonctionnent le mieux. Par sa participation à Forgejo, une forge logicielle libre utilisée entre autres par Codeberg, il essaye aussi de faciliter la vie des communautés qui réfléchissent moins à la gouvernance, en leur offrant de meilleurs outils pour l'intégration de nouveaux membres, la transparence de leurs équipes ou encore la prise de décision collective.  

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